Nous y voilà. Après une saison d’absence, le Grand Prix cycliste de Saguenay revenait en force cette année. Cette région du 48e parallèle, bordée en longueur par son magnifique fjord et ses monts escarpés, offre des paysages aussi splendides que propices à des parcours redoutables où seuls les vrais guerriers se manifestent.

Pour ma part, il s’agit de ma première participation à cette course UCI d’envergure. Avec la Winston Salem Cycling Classic disputée en mai, c’est le deuxième projet UCI auquel je participe. Cette course de la Caroline du Nord m’a donné légèrement une idée de ce qu’aura l’air le Grand Prix de Saguenay sur quatre jours.

Et mon idée était juste.

Dès les premiers tours de la première étape à Jonquière, le peloton roulait à un train d’enfer; tous tentaient de s’extirper du peloton pour créer une échappée, rendant la course ardue dès le début. Côté forme, je savais que j’avais de bonnes pattes, mais pas assez pour rivaliser contre les meilleurs dans la montée de Ste-Famille (1,6 km de long, 5% moyenne avec une pente maximum de 10%) située à 2km de l’arrivée. Sachant cela, je me suis dit que le seul moyen pour moi de survivre était de m’efforcer à me placer bien avant la bosse.

Ayant cet objectif bien en tête, j’ai réussi à la passer, une, deux, trois, quatre fois, jusqu’au dernier passage. Et même dans la montée elle-même, je me sentais relativement à l’aise. Au final, j’étais très satisfait d’avoir eu non seulement la forme, mais la tête aussi.

La deuxième étape a été plus corsée. Elle se disputait à La Baie, avec sa montée de la 6e avenue, longue de près de 2 kilomètres avec des pointes allant jusqu’à 18%, ainsi que sa pluie froide. Je ne me sentais pas aussi à l’aise qu’à la première étape, mais j’étais toujours d’attaque. Et heureusement, mes coéquipiers l’étaient tout aussi; Sean et Connor ont réussi à très bien passer l’ascension finale avec les meilleurs, avec l’aide du valeureux Mitch qui a su les assister jusqu’au pied de celle-ci.

Ne reste plus que le très technique et rapide critérium de Chicoutimi, ainsi que l’étape finale, également à Chicoutimi, longue de 95 kilomètres, et qui risque d’avoir des allures de chantier, du début à la fin.

– Édouard Beaudoin